Souverainiste et fier de l’être
Paris, le 8 juin 2016
Nombreux dans notre beau pays, surtout dans nos élites intellectuelles, voudraient nous faire croire que la souveraineté est une idée du passé et que les états-nations forment une organisation sociale moribonde.
Regardons ce qu’il en est ailleurs en classant en deux catégories les plus grands états.
Dans la première catégorie les pays souverainistes qui ont un discours, un gouvernement et des élites qui défendent que leur pays est un groupe sociale de qualité, dont les valeurs, le mode de vie, l’organisation sociale, les institutions, la culture, la langue et les intérêts méritent d’être défendus.
Dans la deuxième catégorie les hyper-nationalistes qui, en plus, affirment publiquement que leurs valeurs sont supérieures à celles des autres et qui, soit pensent qu’elles devraient s’imposer à tous, soit rejettent toute forme d’altérité.
Souverainiste (par ordre alphabétique) : Allemagne, Angleterre, Brésil et Canada.
Hyper-nationaliste (par ordre alphabétique) : Chine, Corée, États-Unis d’Amérique, Inde, Indonésie, Japon, Russie et Turquie
La France a une longue histoire d’hyper-nationalisme. On en est loin. Le French bashing (dénigrement de la France1) est la règle. Dans les élites françaises, défendre notre pays est considéré au mieux, comme un signe de ringardise, et au pire, souvent, vous rends immédiatement suspect de sympathie racistes et fascisantes. Nation et patrie sont considérés comme des gros mots2. C’est un phénomène unique dans le monde. Retournons quelques opinions souvent exprimés parmi les élites françaises : Pensez-vous qu’un américain puisse dire, ou même pensez, qu’il ne se sent pas tellement plus américain qu’autre chose ? Pensez-vous que le coeur d’un chinois batte pour un autre pays que la Chine ? Pensez-vous que pour un allemand il n’existe pas un « nous » qui englobe les allemands ? Pensez-vous, qu’un Anglais puisse regarder avec fascination la France, en se disant que l’herbe y est vraiment plus verte ?
Ces sentiments sont tellement prégnants chez nos gouvernants et tellement rabâchés par nos média, qu’ils ont eu au cours des 35 dernières années des conséquences dramatiques :
- Des abandons de souveraineté politique considérables sans contre-partie.
- Des politiques sans imagination ou seul compte d’imiter ce qui se fait ailleurs (aux Etats-unis ou en Allemagne), puisque c’est mieux…
- Un désenchantement complet de l’élite de la jeunesse qui, soit est déjà partie, soit, ne rêve plus que d’ailleurs.
Eh bien tant pis ! Je l’assume : je suis souverainiste et fiers de l’être ! Je pense que la France est une magnifique construction multi-millénaire, battit par la créativité, les luttes, l’ouverture et l’assimilation. Je pense que notre culture, nos arts, notre science et notre langue valent ceux de beaucoup d’autres. Je pense que notre organisation sociale et notre mode de vie méritent d’être défendus. Je ne prétends pas que nous soyons supérieur à quiconque, mais, que nous avons une identité commune qui m’est très cher. Je ne clame pas que tout est parfait et que rien ne doit changer, bien au contraire, nous devons sans cesse nous battre, tous ensemble, pour améliorer le modèle en préservant nos particularités.
Savinien
- Que l’expression soit en anglais est déjà, en soit, significatif. ↩
- J’ai complètement réécrit une première version de cet article après des remarques virulentes des mes premiers lecteurs choqués que je puisse défendre ces concepts… ↩

